Les Appels à TextesLecture en 7 minutes


Défis d'écriture, Ecriture / jeudi, mars 1st, 2018

“Les Appels à Textes” est le premier sujet sur lequel je vous ai demandé de vous exprimer en cette année 2018. Pour ce premier questionnaire, vous avez été 20 tout pile à répondre et je vous en remercie. Cet article va donc reprendre vos réponses afin d’expliquer en quoi les Appels à Textes (AT) sont utiles, qu’est-ce qu’ils vous apportent ou au contraire, qu’est-ce qui fait que vous n’en avez jamais fait.

 

Qu’est-ce qu’un Appel à Textes ?

Un Appel à Textes est une annonce visant à proposer à des auteurs d’écrire selon plusieurs critères (thème ou genre imposé, nombre de caractères, etc). Souvent lancé par des maisons d’édition avec un but de publication par la suite, il permet à l’auteur d’écrire un roman qui soit en adéquation avec la ligne éditoriale ou tout simplement, à tester ses propres limites, s’essayer à de nouvelles choses.

 

L’Appel à Texte, une aide pour écrire ?

Sur les treize personnes ayant répondues, six ont affirmées qu’en effet, les Appels à Textes pouvaient aider à écrire. Comment ? Les critères, parfois très précis de certains AT, limitent l’imagination et donc empêchent l’auteur de travailler le contexte de l’histoire de fond en comble ce qui peut être un gain de temps et d’énergie investi dans l’écriture en elle-même. De plus, pour certains, c’est “une bonne expérience, la date limite obligeant à travailler plus ou moins vite.” Ces critères peuvent également avoir un effet inspirant, motivant, et dans ce cas, l’auteur sait qu’il pourra écrire sur ce sujet et réussir l’AT car il a envie de l’écrire, car il a d’ores et déjà des idées. Pour l’un des auteurs ayant répondu, il ne “participe qu’à des appels à textes sur des sujets qui [l]’inspirent ou qui relèvent de [ses] univers de prédilections”.

En revanche, sur ces treize personnes, sept ont répondu que les AT ne les aidaient pas. En effet, ces critères, bien qu’ils puissent être inspirants, peuvent également être contraignants pour les auteurs qui n’aiment pas ou n’arrivent pas à être limités dans leur imagination. De plus, les AT ont très souvent une date de rendu stricte : la pression, bien que cela puisse en motiver certains, peut également bloquer dans le processus d’écriture.

D’un autre côté, à la question “est-ce que l’AT vous a bloqué ou plutôt débloqué ?”, les réponses sont à égalité : 50% de bloqués pour 50% de débloqués. Et cela est tout à fait normal, en y réfléchissant. Les AT ne sont pas faits pour tout le monde et l’écriture dépend d’énormément de critères propres à l’auteur en lui-même : l’inspiration, l’humeur, la motivation, le bonheur, la santé, s’il est surmené ou fatigué (mentalement ou physiquement), etc. Les AT sont-ils véritablement une aide ? Il faut donc le tester pour le savoir.

 

Qu’est-ce que les AT apportent aux auteurs ?

Cette question était posée librement, permettant aux auteurs participants d’écrire leurs ressentis, de partager leur expérience.

Pour certains, les Appels à Textes vont apporter des choses positives : “une nouvelle approche de l’écriture sur un format court avec un thème”, “écrire des textes variés sur du format court”, “une nouvelle manière d’appréhender l’écriture, notamment en termes de production, de gestion du nombre de mots/signes, de réflexion autour d’un thème souvent précis” ou bien pour avoir “des textes en plus” avec “une méthode de relecture affinée”. Comme je l’évoquais précédemment, certains utilisent ces AT pour avoir “des idées et surtout des dead-lines à respecter pour [s]’obliger à écrire” et également “de la motivation, de l’inspiration” ainsi qu’ “un moyen de sortir des sentiers battus”. Pour ceux qui sont plus généralement penchés sur des romans, les Appels à Textes vont les “forcer à [écrire] des histoires plus courtes” et donc, leur apporter une nouvelle expérience dans leur parcours d’écrivain.

Néanmoins, pour d’autres, cela peut apporter du négatif : peu ou pas de retours qui provoquent de la démotivation et une certaine déception, “trop de contraintes” qui vont “bloquer plus qu’autre chose”. Je l’évoquais également plus haut : les AT ne sont pas fait pour tout le monde, mais essayer permet de savoir si oui ou non, ce sont des formats, des méthodes d’écriture qui peuvent nous convenir.

 

Et ceux qui n’ont jamais participé à un AT, alors ?

Parmi les 50% de personnes qui n’ont jamais participé à un AT dans leur parcours, 11 seraient intéressées pour y participer dans le futur. Mais alors, pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant ?

La réponse qui est revenue plusieurs fois est “le manque de temps”. Les dead-lines sont souvent courtes, demandant donc d’être régulier, de s’organiser pour écrire le texte pour une date bien précise. La motivation, trouver des appels à textes qui plaisent, des idées sont également des freins pour les auteurs. “La compétition, la peur du refus”, certains ignorent comment encaisser ce genre de retours – quand il y en a : malheureusement, il y a une gros “manque de retours objectifs sur les défauts [des] textes qui pourraient [permettre] de [s]’améliorer” et que les auteurs déplorent. Une dernière raison ? “Par manque de temps et aussi parfois (voire très souvent) j’oublie la date d’échéance…”

 

Retours d’expériences : les bons et les mauvais côtés rencontrés par les auteurs

Dernière partie de cet article et pas des moindres, les retours d’expérience des auteurs. Qu’est-ce qu’ils ont retenu, qu’est-ce qu’ils conseillent, qu’est-ce qu’ils veulent voir changer ou au contraire, ont beaucoup appréciés ?

Les choses à améliorer

Un des gros soucis soulevés par un des auteurs, c’est “le souci de la rémunération et autres dérives. Certaines entreprises ne payent pas les auteurs acceptés pour des appels à textes et/ou ne respectent pas les contrats (délais non respectés par exemple). Faire du bénévolat pour une entreprise est interdit et je trouve normal de payer les auteurs pour leur travail. Cela n’aide pas à professionnaliser ce métier. Je n’ai pas abandonné les appels à textes pour autant, mais je fais plus attention à ma sélection des appels à textes pour lesquels je participe. Ils doivent rester honnêtes et professionnels.” Pour compléter, un autre explique qu’il a “parfois l’impression que les maisons d’édition et les revues font les AT pour se faire de l’argent sur le dos des auteur.rice.s amateur.rice.s et que ce n’est pas tellement l’aventure de l’écriture et de l’accompagnement à l’auteur.rice qui comptent.” Certains sont déçus qu’il y “ait autant d’AT aux thèmes vagues” et surtout, le manque d’encouragement envers “les participants, surtout lorsqu’ils se prennent des refus.”

Les conseils

Avant toute chose, les auteurs rappellent qu’il faut “bien lire le réglement” de l’AT pour éviter toute confusion, tout hors-sujet. D’ailleurs, il est important “d’essayer de voir exactement ce que la maison d’édition, l’association ou le magazine qui le lance recherche, ce qu’est sa ligne éditoriale.” Si je devais vous donner un conseil : vous n’avez jamais participé ? Essayez. Il n’y a que de cette façon que vous saurez si ce mode d’écriture vous convient ou non.

 

Vous l’aurez compris : les Appels à Textes ne sont pas fait pour tout le monde. Il y a du bon et du mauvais à retenir des expériences des auteurs qui ont répondu au sondage. Si vous aussi, vous souhaitez partagez votre expérience autour des Appels à Textes, rendez-vous en commentaires !

Remerciements

Merci à Marie Tinet, Lay, Historicia, Melgane, L. Williams, Maderose, Ankha Soune et à tous les autres auteurs anonymes qui ont pris le temps de répondre !

Pour aller plus loin

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11 réponses à « Les Appels à TextesLecture en 7 minutes »

  1. Je ne participe qu’à des appels à textes qui m’inspirent et bien souvent j’écris au dernier moment x) L’avant-dernier texte je l’ai écrit le jour de la date butoir, hier j’ai fini un texte que je dois envoyer aujourd’hui pour relecture. J’ai un mois pour participer à l’appel suivant. Je vais y réfléchir pendant ce mois et sans doute que je ne parviendrai à l’écrire que le jour de la date butoir. J’ai aussi une autre difficulté : c’est que je n’aime pas écrire les nouvelles en plusieurs fois, donc je dois avoir le temps d’écrire tout d’un coup. Hier, l’écriture d’une huitaine de pages (dans les 25 000 signes) m’a mis deux heures et demie environ. Ce qui est quand même conséquent. Mais la plupart du temps j’essaye de m’organiser. Ils me permettent d’écrire des choses “de qualité” à côté de mon roman (sinon j’écris ce que j’appelle les “juste comme ça”, des histoires à rallonge à la con xD). Puis ça me permet aussi de bosser l’histoire courte et surtout les fins. Même si en vrai je triche. Les trois derniers appels à texte auxquels j’ai ou vais participer en fait je les ai pensé comme une trilogie, avec le même personnage et une espèce de suite… ça m’aide, moi qui galère à faire des histoires courtes qui ne soient pas trop contes. Après, comme j’aime énormément les contes, il m’arrive aussi de prendre ces influences, mais le problème c’est que parfois le ton de l’écriture m’échappe et fait plus conte que nouvelle… enfin bref !

    1. Merci pour ton partage ! Au moins, tu rends tes textes, qu’ils soient écrits au dernier moment ou non, c’est le principal 🙂 C’est un bon exercice, c’est vrai, et puis, tu pourras justement faire évoluer ton écriture pour que ça sorte du conte 🙂

  2. Cette nouvelle façon de rédiger les articles d’appel a témoins est intéressante et bien faite 🙂 je ne savais pas pour les conséquences quand on a été sélectionné. C’est bon à savoir ! Et c’est bien de se rendre compte qu’on n’est pas seul à ne pas trouver que du positif dans les AP…

    D’ailleurs j’aimerais bien participer à l’AP de Gallimard jeunesse (premier roman), mais le pb c’est que je ne suis pas jeunesse… C’est dommage.

    1. Merci pour ton retour ! Oui, c’est aussi pour cela que c’est intéressant de faire un article complet avec les pours et les contres 😉

      J’aimerais aussi, mais pareil, je n’ai pas de roman jeunesse pour le moment ! Peut-être l’an prochain, s’ils le reconduisent 😉

  3. Cet article sur les appels à textes était fort instructif, merci 🙂

    Pour ma part, j’ai commencé à participer à des AT l’année dernière (avant, je considérais que mes histoires étaient trop mauvaises et j’ai encore beaucoup de mal aujourd’hui à penser autrement). J’en ai fais 3 en tout, ce qui était bien suffisant entre les 2 camps nano, le nano et un calendrier de l’avent littéraire que j’ai fais sur mon blog.

    J’en retire des conclusions similaires à ce qui a été dit dans l’article : pour être inspiré et produire un texte dans les temps, il faut être au courant en avance et surtout bien sélectionner les AT auxquels on aimerait participer. Je ne conserve que ceux pour lesquels le thème me plaît ou pour lesquels j’ai déjà un début d’idée. En général, je me met une date butoir 15 jours avant pour avoir le temps de corriger, mais je déborde souvent à cause de mon travail, de mes autres loisirs et de ma fatigue qui m’empêchent de m’y mettre le soir. Cela dit, grâce à ces défis, j’ai produis des textes dont j’étais contente (dont un en particulier).

    Les inconvénients que j’ai constaté étaient le délai parfois fort long des réponses pour savoir si notre texte était refusé (le plus long était 5 mois) et surtout les avis très courts sur notre texte lorsque l’on est refusé (si jamais on a la chance d’en obtenir un, ce qui ne m’est pas arrivé pour 2 des textes envoyés l’année dernière dont celui pour lequel j’ai poireauté 5 mois). Bien que je comprenne que cela soit difficile pour les maisons d’édition d’envoyer à chacun.e un commentaire détaillé des points forts et points faibles de son texte, je trouve que c’est quand même la moindre des choses d’envoyer un commentaire plus long qu’une ligne. Ça donne l’impression que le texte a été lu par dessus la jambe alors qu’on y a investi parfois beaucoup de temps.
    De plus, j’ai remarqué pour le premier AT auquel j’ai participé que la liste des sélectionnés comportaient beaucoup d’auteurs qui avaient déjà publié un livre ou plus (je venais d’achever un des livres qu’un des sélectionnés avait écrit). J’imagine bien qu’ils doivent avoir une meilleure plume que la mienne ou celles de mes camarades ayant participé, mais je pense que les éditeurs doivent donner plus facilement leur chance à quelqu’un ayant déjà publié quelque chose en papier plutôt qu’à des inconnus. C’est dommage.

    1. Je pense que c’est pour éviter ce genre de choses que certaines maisons anonyment les candidatures : aucun nom ne doit se trouver sur le document du texte et toutes les info civiles doivent être sur un autre document. Après c’est clair qu’ils peuvent demander ça pour nous rassurer et en vrai remettre nos noms sur nos textes… mais vaut mieux pas entrer dans la paranoïa x)

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