Le processus créatifLecture en 12 minutes


Conseils & Méthodes d'écriture, Ecriture, Témoignages / mardi, juin 6th, 2017

CALME ET PLANIFICATION POUR ELODYE

Habituellement, je procède par étape. Je commence souvent une histoire par noter les principales idées dans un joli carnet, au crayon de papier et en bazar, comme ça me vient. Ensuite, j’élabore un plan. Je suis obligée, sinon je fais des milliards d’incohérences et il n’y a aucun sens. Mon plan se base sur un tableau que je me suis créé et que j’utilise à présent pour chacune de mes histoires. Il contient quatre colonnes : le numéro et le titre du chapitre, la temporalité et les lieux, les personnages présents et enfin, le contenu.

Pour écrire, il me faut habituellement beaucoup de calme ou sinon, je mets mes écouteurs. Vivant encore chez mes parents, ma chambre est mon lieu de prédilection. Je me pose sur mon bureau, face à la fenêtre, et je laisse mon imagination divaguer. J’aime avoir un fond de musique avec ou sans paroles et si elles ont des paroles, je préfère écouter une langue étrangère pour ne pas me focaliser dessus. Lorsque j’ai envie d’écrire, j’ai du mal à m’arrêter, mais je sais à quel point ce que j’écris ne veut parfois rien dire. Je n’arrive pas à me relire, et c’est un gros problème. Enfin, ce n’est pas que je n’y arrive pas, c’est surtout que je n’arrive pas à voir mes fautes donc, je fais toujours appel à quelqu’un pour relire derrière moi.

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BECCA, ETAPE PAR ETAPE

Becca est une auteur rigoureuse qui aime que les choses soient bien organisées. Son processus d’écriture est découpé en plusieurs étapes bien distinctes qu’elle nous explique avec précision :

Phase I : La préparation
Ma première étape est de développer mon idée pour en faire une histoire complète. J’écris tout ce que je sais dans un document Word, et j’essaie de mettre de la chair autour de l’os, je fais des recherches au besoin. J’aime beaucoup créer des fiches de personnage ainsi que des Sims, ça me donne des idées.

Phase II : Le plan
Un plan n’est pas obligatoire, mais c’est une technique qui me convient. Quand mon scénario m’apparaît complet, que j’ai réglé les incohérences, que tout est fluide et que j’ai assez d’idées, je crée un nouveau document Word. Une page représente un chapitre. Je commence à placer les grandes lignes, et quand c’est fait, que je suis satisfaite de l’ordre et du nombre de chapitres, je les développe en expliquant les actions, pensées ou détails importants (ex : « Ne pas oublier de mentionner qu’elle est allergique aux arachides parce qu’elle fait une réaction 3 chapitres plus tard »). Ce processus peut me prendre quelques semaines ou mois.

Phase III : La visualisation
Une fois que le plan est fait, j’essaie de visualiser les chapitres, de développer les scènes (« J’ai écrit “Ils vont au parc, font un pique-nique et parlent de la vie”, mais comment ça se passe exactement, quels sont les dialogues ? »). Du même coup, ça me sert de test : si aucune idée ne me vient en tête, pourquoi ça irait mieux au moment d’écrire ? Je réfléchis et je prends des décisions en conséquence (le fusionner à un autre, le supprimer ou inventer des péripéties supplémentaires). Comme le plan des chapitres fait à ce stade 1-2 pages, on peut dire qu’une bonne partie du travail est déjà faite, haha. Ce n’est pas mon cas, mais certains auteurs développement leur plan jusqu’à ce que celui-ci devienne le chapitre.

Phase IV : L’écriture
Quelques jours avant d’écrire, j’aime bien visualiser à nouveau le chapitre en question, réfléchir à ce que je pourrais dire à X moment ou songer à ce que l’image que j’ai en tête m’inspire. Pour ma part, j’écris même si je ne suis pas motivée, car je finis par l’être. Je suis ouverte aux nouvelles idées en cours de route, mais si je ne parviens pas à les placer, je les garder en tête pour la réécriture.

Phase V : La réécriture
Pour ma part, un premier jet me donne une meilleure compréhension des personnages, de nouvelles idées, et me permet de voir qui a fonctionné ou non. Je relis toutes les suggestions ou commentaires reçus, je prends des notes, je me questionne sur ce que j’attends de la version 2. Puis, je retravaille le plan en conséquence et je m’y remets. Personnellement, je reprends rarement mes chapitres lorsque je fais une réécriture, je réécris tout de zéro parce que mon style, ma perception, ma compréhension de l’histoire ou des personnages ont changé.

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IRINA ET SA MULTITUDE DE MÉTHODES

Pour écrire, j’ai à peu près autant de méthodes que j’ai de projets. Dans le cas de ma fiction fantasy (Les Carmidor), j’ai tout d’abord noté des idées pêle-mêle avant de les organiser en un plan évolutif (c’est à dire que je connais la suite des événements, mais la fin est encore ouverte et beaucoup de décisions restent à prendre). Ainsi, je sais où je vais mais je ne sais pas tout, ce qui me permet de vivre l’aventure avec plus d’intensité. Je crois que c’est ce qu’il y a de plus important, dans l’écriture : l’intensité !

Concrètement, tous mes documents sont sur mon PC, mais j’ai également un cahier dans lequel je note ma “progression”, c’est à dire à quelles dates je commence l’écriture d’un chapitre et à quelles date je la termine. Le principe, c’est de garder un suivi sans avoir à tenir un journal de bord qui serait plus contraignant et plus long à rédiger.

Ponctuellement, je note mes idées sur papier, mais uniquement dans l’attente de pouvoir les retranscrire dans le fichier approprié sur mon ordinateur. En effet, je trouve bien plus propre et simple d’organiser mes idées sur un traitement de texte, où je peux faire des recoupements en un clic et référencer divers éléments en quelques secondes. La fonction “recherche” m’est par ailleurs très utile.
Enfin, concernant l’inspiration, j’ai deux astuces :

  1. Se fixer un but à atteindre quand l’envie et le temps sont là. Par exemple : écrire plus de 1000 mots ce soir, terminer un chapitre en une semaine, etc.
  2. Quand l’inspiration n’est pas là… je ne me force pas. Laisser passer une dizaine de jours est parfois nécessaire pour retrouver l’étincelle, et je ne m’en prive pas ni ne me culpabilises pour ça. Dans les moments de déprime, je relis les bonnes critiques qu’on m’a adressées, je lis d’autres fictions du même genre que la mienne, je parcours les sites de maisons d’édition (c’est beau de rêver !)… bref, je fais autre chose, avec toujours ma fiction au coin de ma tête.

En quelques mots, je crois que ce qui compte vraiment, c’est de se faire confiance et de ne pas se mettre la pression !

Irina, en plus de témoigner, vous partage un document qu’elle a elle-même créé et qui sera utile pour tous les jeunes écrivain. Il s’agit en effet d’un tableau répertoriant différents verbes de paroles, des synonymes, pour éviter de toujours se répéter dans nos récit et dialogues. Le document est ici.

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SKY OF DUST ET LE CHAOS

Sky of Dust, ou SoD pour les intimes, est quant à elle une auteur au caractère bien trempé et au processus créatif chaotique (ce n’est pas moi qui le dis, mais elle-même) qu’elle explique pour vous :

Avec moi, pas de plan. Pas de “je ferai ci” et “mon chapitre fera tant de pages”. Mes romans sont le plus souvent du “partage en live” total, aussi je crois qu’on peut décrire ma façon d’écrire comme terriblement chaotique. Je me lève en pleine nuit pour attraper un post-it et un crayon, idem en plein milieu d’un film et, oui, même si je suis au cinéma. Et je note une idée, et même si c’est l’idée la plus folle du monde, même si je décide soudainement de faire mourir mon protagoniste, même si je dois intégrer un croisé licorne-dragon qui mange des steaks, vous pouvez être sûr que je l’écrirai quand même. Je décide soudainement d’intégrer de la politique, une invasion et une guerre entre le paradis et l’enfer?Je ne réfléchis pas et je le fais! Je crois que c’est à cause de tout ça que j’ai essayé – vainement – de réunir mes idées sur un fichier word. Mais ça reste comme des post-it collés sur une page et c’est juste le chaos. En fait, j’ai toujours des tas d’idées et des millions de scénarios, mais quand il faut apporter un peu de cohérence et mettre tout ça par écrit, là ya plus personne!

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L’ENTHOUSIASTE KYUNE

Passons à présent à une autre jeune auteur du nom de Kyune. C’est une jeune fille qui a vu skyrock évoluer, qui a vu de nouveaux style se créer comme beaucoup de vieux auteurs présents. Elle vous donne quelques conseils afin de ne pas baisser les bras lors de l’écriture ou la publication de votre histoire :

Alors tout d’abord je me présente, je m’appelle Kyune et je suis sur sky’ depuis 2011. A ce moment là, c’était le style théâtral qui était le plus présent, j’ai donc fait mes débuts comme ça. Je me rends compte aujourd’hui que ce que j’ai fait par le passé était nullissime comparé à ce que j’écris actuellement. J’ai écris de nombreuses fanfictions qui disparaissaient par la suite car ce que je faisais n’allait pas. Tout simplement parce que je ne m’étais pas encore trouvé sur ce qui me correspondais. J’ai mis trois ans à me trouver, et heureusement pour moi j’ai des personnes adorables qui m’ont toujours soutenues et qui m’aident encore aujourd’hui. J’ai aussi compris que pour écrire, il faut aimer ce que l’on fait, on doit se sentir à l’aise et savoir parfaitement où nous nous dirigeons. Et non par pur pulsion comme je l’avais fait dans le passé.

J’ai également compris que nos personnages ne sont pas que des êtres de lettres et que si on veut s’en débarrasser, ce n’est pas en les faisant mourir simplement et sans aucune logique. Je pense que pour réussir à aller jusqu’au bout de notre écrit, il faut être à l’aise, savoir d’abord la fin de l’histoire avant le début pour arriver à cette fin voulue. Et surtout il faut s’éclater, aimer ce que l’on fait. Et pour rendre encore plus agréable l’histoire, je pense que le blog devrait s’accorder au thème, tout en restant lisible car, généralement, il y a des personnes qui ne se rendent pas compte que leur police est illisible … (et les couleurs !)

Au cours de mes années sur cette plateforme, j’ai remarqué que beaucoup de fanfictions (surtout Naruto, c’est ce que je lisais le plus) arrêtaient avant même d’aboutir à une fin. Je pense que c’est dû au fait que les personnages ne nous appartiennent pas … Et puis, j’ai observé que pour avoir du monde, il faut être un minimum proche de ses lecteurs, leur montrer de l’intérêt car tout de même, ils nous lisent et je pense que cela est une bonne chose d’avoir un lien stable avec eux.

Le plus dur en tant qu’auteur, c’est de se faire connaître, de faire de la pub et de passer par plein de répertoires et surtout des personnes qui réussissent à nous faire baisser le moral sur ce que l’on produit. Moi-même j’ai encore du mal à me faire connaître car je n’utilise pas la pub, je m’inscris simplement sur les répertoires et je chouchoute mes prévenues.

Et une dernière chose, pour se faire bien voir, ne pas répondre sur son propre blog, c’est pas trop top…

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LES FANFICTIONS DE NATACHA

Comme vous avez pu le constater, chaque auteur à sa propre façon de faire. Voyons ce que Natacha a à nous apprendre sur son processus créatif :

Ce que j’aime écrire, moi, ce sont des fanfictions. J’adore ça. Alors il faut dire que dès que j’ai du mal à avancer dans l’une de mes histoires, il me suffit de jeter un coup d’œil à l’univers d’origine pour être de nouveau transporté ! Dès que je regarde une série, un film ou lis un livre qui me transporte réellement, j’ai tout de suite envie d’y replonger. Je pense que ça nous est tous arrivé de lire un livre et de se dire « qu’est-ce que j’aimerais être avec bidule pour vivre ces aventures ! » ou « qu’est-ce que je ferais si j’étais face à ce genre de situation ? ». A travers mes fanfictions, je réponds à ce besoin constant de m’incruster.

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Tous ces auteurs, tous ces témoignages sont uniques et montrent qu’il n’y a pas une seule façon, une seule solution pour trouver l’inspiration. Cela vous prouve que votre méthode est la votre, qu’elle vous appartient et qu’elle vous permet de vous plonger dans vos univers sans vous prendre la tête. Si j’ai fait cet article, c’est pour vous aider à construire votre méthode, à construire votre façon de faire, vos histoires selon votre personnalité, selon vos pensées. Cela à été aussi très bénéfique pour moi-même et cela pourra l’être aussi pour les témoins qui ont acceptés d’expliquer leur méthode. Prendre du recul sur son travail permet aux auteurs de réfléchir sur leur processus créatif et pourquoi pas, le faire évoluer et l’améliorer.

Merci à Becca, Irina Veltugio, Sky Of Dust, Kyune et Natacha d’avoir partagé leur expérience !

Vous avez votre avis sur la question ? N’hésitez pas à commenter, j’ajouterai votre témoignage avec plaisir à cet article !

Témoignages récoltés par Elodye H. Fredwell – Article par Elodye H. Fredwell.

Article publié initialement sur Moon-Wizard.

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