Le cercle vicieux de la productivité en écriture


Art d'écrire, Art de vivre, Bien-être, Vie d'auteur / lundi, septembre 20th, 2021

En tant que créateur·ice, nous recevons souvent des injonctions à être productif·ve. Écrire, dessiner, faire de la musique… tous les jours pour rester dans le bain. Même si je suis une partisane du “c’est en forgeant qu’on devient forgeron”, cela ne signifie pas faire preuve d’une grande productivité chaque jour. Où se place la limite ? Et comment gérer le cercle vicieux qu’engendre la productivité en écriture ? Aujourd’hui, je vous donne quelques pistes que j’essaye d’appliquer moi-même dans mon quotidien.

La productivité en écriture, oui, mais pas à n’importe quel prix

Vous le savez peut-être, j’ai mis en place une routine depuis presque un an. Celle-ci consiste à écrire entre 30 minutes et 1 heure chaque jour avant de me rendre au travail. Je suis plus que satisfaite de cette routine puisqu’elle m’a permis d’écrire le premier jet d’un roman et de finaliser deux réécritures. En un an, oui, oui. 

En termes de productivité en écriture, je sais comment je fonctionne : le matin est pour moi le meilleur moment pour écrire. C’est là où je suis la plus efficace et la plus alerte. Néanmoins, je ne me suis pas tenue à routine absolument TOUS les jours. Déjà, hors de question de me contraindre le week-end. Ensuite, quand je n’en avais tout simplement pas envie ou que je me sentais fatiguée, j’adaptais ce temps. J’en profitais pour lire, pour dormir plus longtemps, parfois même pour ranger mon appartement (ça aide à ma concentration). 

En bref, oui pour la productivité en écriture, mais pas à n’importe quel prix ! J’ai eu une période, au tout début, où je refusais de “sauter” une journée sous le simple prétexte d’avoir la flemme. Mais finalement, c’était une contrainte que je ne supportais pas. 

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La productivité en écriture : rester productif et motivé

Être productif·ve, c’est une chose. Être motivé·e, c’en est une tout autre ! Quand j’ai commencé ma routine, j’ai tout de suite senti les deux notions se lier en moi. Mais sur le long terme, parfois, ça coince. Il y a des semaines plus difficiles que d’autres et surtout, il y a des moments où il n’y a plus rien à écrire !

Il y a quelques mois, j’ai terminé la réécriture du deuxième tome de ma trilogie dystopique. Suite à cela, je me suis lancée dans la rédaction du livret explicatif du tarot créé pour mon roman illustré. Depuis août, je n’écris plus de fiction. Alors, à quoi j’utilise ce moment le matin ? À travailler sur mes romans ! Je profite de ma routine pour préparer toute la publication prochaine de mon prochain roman, courant novembre. Cela passe par des corrections, l’administratif, de la mise en page… 

Ce qui me permet de rester productive et motivée dans cette routine, c’est le fait de ne pas me sentir coupable si, un jour, je décide de ne pas écrire. Ce temps que je prends pour moi m’appartient. Oui, j’ai des deadlines qui m’aident à m’organiser, mais je veux que ce moment reste pour moi un instant de plaisir, de détente, de passion. L’écriture, c’est tout ça pour moi et je souhaite que ça le reste. Et puis, faire autre chose ne veut pas dire que je suis improductive… 

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Arrêtons d’avoir peur de l’improductivité

Beaucoup d’auteur·ices et de créateur·ices, en général, pensent que s’ils n’écrivent pas, ils ne travaillent pas. C’est là que le cercle vicieux de la productivité en écriture joue tout son rôle. Selon moi, si l’on tente de rester productif·ve sans avoir la moindre motivation, la moindre envie… on se lasse. On abandonne. On s’ennuie. Alors que les temps de pause sont aussi importants que les temps de création !

En un an de routine, j’ai énormément appris sur mes capacités. Je sais quand je suis la plus efficace, quand je suis la plus concentrée. J’apprends également quelles sont les périodes de l’année où j’écris le plus et quelles sont celles où je préfère lire ou regarder des séries. Et lire ou écrire des séries ou même, ne rien faire, fait partie du processus !

Les temps de pause, les temps de création à l’écart de notre passion première (ici, l’écriture), servent à nourrir notre esprit. Récemment, faire une pause dans l’écriture fictive ne m’a pas empêchée d’avoir de nouvelles idées, d’avoir envie de travailler sur d’autres histoires. Mais je prenais ce temps pour me nourrir différemment, découvrir de nouvelles choses, m’inspirer. Et je comprends à quel point : 1 – j’en avais besoin et 2 – c’est essentiel pour continuer de faire ce que j’aime.

Pour résumé, la productivité en écriture peut être à double tranchant. Là où elle devient dangereuse, c’est quand elle devient peu à peu une contrainte et non plus un plaisir. Et vous, comment voyez-vous votre propre productivité dans votre passion ? 

Pour aller plus loin

Une réponse à « Le cercle vicieux de la productivité en écriture »

  1. En fait je pense que le plus important c’est aussi d’être bien avec son rythme. Sur mes phases de travail sur mes romans (premier jet + corrections) j’écris tous les jours. C’est dans mes temps d’attente que je me “relâche”. J’ai terminé le premier jet de Roman 2 mi-septembre et je n’ai pas écrit une ligne depuis (préparation du déménagement, déménagement et nouveau boulot n’ont pas aidé non plus, je compte m’y remettre aujourd’hui !). J’étais “sèche” et je n’ai pas forcé.

    Le matin est aussi le meilleur moment pour moi, surtout avant le petit-déj. Malheureusement avec mon nouveau travail ça ne sera pas possible. J’ai besoin de 9h de sommeil, je commence ) 9h avec 30min de route donc je dois me lever à 7h30 et j’ai du mal à écrire quand je sais que je dois arrêter à telle heure parce que je suis attendue quelque part. Donc mes séances de travail vont basculer sur le soir (quand c’est possible parce que clairement la fin du boulot à 19h c’est compliqué xD). À voir ce que ça va donner !

    Pour moi productivité et motivation s’articulent comme ça : si la motivation est là (et je veux dire une motivation intrinsèque sur le projet complet pas juste sur une séance (ce qui permet aussi de ne pas culpabiliser quand on en rate une pour X raison)) alors la productivité est là aussi !

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