L’auto-discipline dans l’écriture – 2/2Lecture en 9 minutes


Conseils & Méthodes d'écriture, Ecriture / mardi, mai 8th, 2018

Dans la première partie de l’article, nous avons parcouru les témoignages d’auteurs qui arrivaient à s’auto-discipliner et ceux qui n’y parvenaient pas. Dans cette seconde partie, nous élargissons le sujet en abordant le temps accordé à l’écriture, aux objectifs d’écriture ainsi qu’à la bienveillance dans l’écriture.

Prendre le temps d’écrire

La question suivante concernait le temps qu’accordent les auteurs à leur activité d’écriture. 86 % des personnes ayant répondu (29 personnes) réussissent, en effet, à prendre le temps d’écrire. Afin de fixer ces moments de création, je leur ai demandé quels étaient les moyens mis en place pour ce faire.

Pour certains d’entre eux, ils écrivent dès qu’ils ont du temps : “j’écris dès que j’ai du temps libre et en cours”,“j’essaie de me mettre à l’écriture à chaque fois que j’ai un trou, du temps libre”. Combler les “trous” dans l’emploi du temps en écrivant, même si ce n’est que cinq à dix minutes dans la journée, peut permettre d’avancer tout de même. Mais cette méthode n’est pas faite pour les personnes qui préfèrent ne pas être interrompu et écrire sur des longues périodes. Par exemple, cet auteur s’organise avec son travail pour avoir certaines de ses après-midis : “Comme je suis en Service Civique et qu’il m’arrive de faire des heures en trop, je me prends des demi-journées, à l’occasion, pour récupérer ces heures, et ces heures dégagées de mon emploi du temps me permettent d’écrire de manière efficace sur de grandes plages horaires (de deux ou trois heures d’affilée). Je fais aussi en sorte de prévoir à l’avance, à J+7 ou plus, afin que, dans mon “agenda mental” j’ai bloqué un créneau pour l’écriture et pour rien d’autre.

La gestion de son temps, de son agenda, permet, comme nous l’avons déjà évoqué, de se caler des rendez-vous avec l’écriture et donc, de plus difficilement les décommander. Écrire dans un endroit calme quand les enfants dorment et que le conjoint au travail, s’isoler, organiser strictement son emploi du temps professionnel, s’imposer des courtes périodes au moins une fois par semaine pour se pousser à écrire, ou encore participer à des “Words Wars”, toutes les méthodes sont bonnes du moment qu’elles permettent à l’auteur d’avancer sereinement dans son travail.

Une chose est certaine : “Comme pour n’importe quelle chose, il faut PRENDRE le temps. Ce n’est pas une question de gestion du temps ou d’efficacité (ce sont des paramètres qui interviennent bien sûr). La chose la plus importante, c’est s’octroyer du temps pour les choses que l’on aime. Si l’écriture en fait partie, il faut en tenir compte dans l’organisation de la semaine, du mois.” Et comme le souligne également cet auteur, “on n’a jamais le temps de rien. Avec les études [le travail] et la vie, [on n’a] le temps de rien. En théorie. En pratique, le temps, je le prends. Je me réserve des soirées à l’avance pour pouvoir écrire (je ne m’y tiens pas forcément, parfois ça finit sur netflix mais c’est par forcément un échec, c’est que j’avais besoin de me changer les idées), parfois je fais exprès de ne rien prévoir pendant plusieurs jours, de déplacer des rendez-vous médicaux … !

Se fixer des objectifs d’écriture

La question suivante concernait les objectifs d’écriture : “vous fixez-vous des objectifs mensuels, hebdomadaires ou journaliers pour écrire d’avantages ?” Parmi les 29 personnes qui ont répondu, 17 affirment qu’elles ne se fixent pas d’objectifs. Le problème de la concentration, de la procrastination, du découragement reviennent dans les raisons pour lesquelles ils ne se fixent pas d’objectifs ou n’arrivent pas à les atteindre. La question du temps et de l’organisation revient également ici. Ces objectifs, ils sont généralement qualitatifs et quantitatifs : être satisfait d’une scène, d’un passage que l’on vient d’écrire ou compter le nombre de mots ajouté dans notre histoire.

Mais comment s’adapter à ces objectifs non atteints, non atteignables ? Le “découpage en plus petits objectifs” est déjà une piste intéressante à explorer et permet de gravir peut-être plus facilement les paliers. Un auteur explique : “j’essaie de ne pas m’auto-flageller, et d’arrêter de vouloir répondre à une demande : mes personnages me rappellent très souvent. L’expérience m’a prouvé qu’il valait mieux que j’attende un signe de leur part plutôt que de m’exciter à tenter de les faire revenir.” Parfois, il faut juste compenser “sur des jours où [on a] plus de temps” et surtout, “faire du mieux possible” et simplement “accepter d’avoir échouer” sans pour autant s’en blâmer. Autre solution : “Quand je vois que je suis juste dans mon objectif de départ, je décale la date butoire. Mais sans que ce soit excessif non plus (je ne vais pas décaler indéfiniment, sinon je ne finirai jamais le roman !). Le but est de me mettre un peu de pression, mais pas trop non plus.

Restez bienveillant avec vous-même !

D’après les témoignages, l’écriture est généralement une passion qui s’est développée car les auteurs aimaient les sentiments, les émotions que ça leur procurait. Dans le monde dans lequel nous vivons, un monde où le temps c’est de l’argent, et où nous prenons pas assez de temps pour nous, il est important de revenir à l’essentiel. Et dans la dernière partie du questionnaire, ce sont des rappels que nous donnent ces auteurs d’après leurs expériences.

Au final, je m’écoute beaucoup : si ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment ; si je commence à chantonner la musique dont je me sers quand j’écris c’est que j’ai besoin d’écrire, que je suis prête, etc.

Je suis une grande fan de l’inspiration. Quand j’ai envie d’écrire, mais que je ne trouve pas le moment pour démarrer, ou même comment démarrer un texte/chapitre, je fais des recherches sur le sujet que je vais traiter, ou je regarde/lis quelque chose du même genre que ce que je veux écrire, ça aide beaucoup à me mettre dans l’ambiance et me donner envie d’écrire, et là, je trouve le temps.

Pour moi, tout est allé beaucoup mieux à partir du moment où j’ai arrêté de me “fliquer” et de me flageller dès que je n’atteignais pas un objectif. Je vis ma relation à l’écriture sur le mode de l’amour paisible et tranquille, et l’instauration de toute contrainte ou de toute obligation a tendance à annihiler ma passion plus qu’à l’exciter. C’est un ressenti tout à fait personnel, et c’est beaucoup dû au fait que je ne veux pas “écrire pour écrire”. Je veux écrire pour rejoindre les petits êtres qui mènent ma vie quelques heures, les écouter me raconter leurs aventures. Pas pour “faire des mots” ou boucler un projet. Je ne me laisse pas aspirer par la spirale mercantile du contenu attendu par les lecteurs, et je suis capable de laisser six mois entre deux de mes chapitres si mon projet ne me rappelle pas entre, ou que je n’ai pas le temps de véritablement me consacrer à lui.

Première méthode pour pallier le manque de motivation et cette auto-discipline que tous les auteurs n’arrivent pas à mettre en place : prendre son temps et ne pas être trop dur avec soi-même.

Ensuite, car la méthode ci-dessus n’est pas pour tout le monde, nous avons la régularité : “L’important, c’est la régularité. Même quand on n’écrit que 200 mots par jour, on ne perd pas contact avec son histoire, et la session du lendemain en est d’autant facilitée. Il faut savoir se fixer des objectifs réalisables par rapport à ses disponibilités pour se botter les fesses sans se mettre trop de pression.“ Ensuite, nous avons le contrat d’écriture, que nous avons déjà évoqué et qui consiste à passer un contrat avec vous-même (ou une autre personne) et à chaque objectifs non atteint, une punition sera attribuée. Et puis, “si on aime ce qu’on fait et qu’il y a des encouragements derrière, cela peut être une grande source de motivations.” “Le groupe est stimulant”, donc si vous cherchez une motivation, vous pouvez la trouver avec d’autres auteurs. Pour ma part, j’écrivais énormément seule et aujourd’hui, cela m’est presque impossible : écrire en groupe me permet de rester motivé, de sentir que je ne suis pas seule à écrire et puis, la solidarité est très appréciable.

Cette seconde partie de l’article s’est un peu éloignée du thème principal, mais comme vous avez pu vous en rendre compte, les auteurs trouvent des solutions afin de pallier le manque d’auto-discipline qu’ils peuvent parfois ressentir. Le tout, c’est de rester bienveillant avec soi-même, de continuer d’aimer écrire et de trouver la méthode qui vous conviendra le mieux.

Remerciements

Merci à Mélany Bigot, Melgane, Lay, Nana, Alienasse, Miss Mimbletohn, Comet, Historicia, L. Williams, Alex, Aislinn et toutes les personnes anonymes qui ont pris le temps de répondre à mes questions !

Pour aller plus loin

Si jamais vous connaissez des articles sur le sujet de l’auto-discipline ou sur des méthodes abordées dans l’article, n’hésitez pas à les partager. Merci !

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3 réponses à « L’auto-discipline dans l’écriture – 2/2Lecture en 9 minutes »

  1. Bonjour !

    On m’avait recommandé ton blog pour les conseils que tu donnes, et je dois dire que je ne suis pas déçue ! J’ai lu la plus grosse partie de tes articles sur les conseils et méthodes d’écriture, sur la vie d’auteur et sur la création d’une histoire, et en plus d’être vraiment très fluide dans tes articles, ils sont d’une aide précieuse. Alors merci beaucoup ! Et bonne continuation à toi !

    Eléa

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